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Le mot de la présidente pour la nouvelle année Rotary 2020-2021

J’ai le plaisir de succéder à Christiane, que je tiens à remercier pour son engagement, son énergie et son formidable travail. 

Le confinement nous a obligés à bousculer nos habitudes. Nous voilà obligés de repenser notre fonctionnement et notre façon de communiquer. Grâce au site et aux nouvelles technologies, le club peut rester en lien avec l’extérieur et maintenir des échanges d’informations entre membres, dans un climat de bienveillance.

Soyons inventifs.

Ensemble, il s’agira d’imaginer diverses façons pour améliorer le quotidien d’autrui.

« La confiance est le chemin qui conduit à l’accomplissement ».

Passation de pouvoir du 13 juin 2020 en comité restreint pour cause de Covid-19

Les membres du bureau de gauche à droite : Jean Louis Guillot: trésorier – Pascale Pineau Deciron : présidente élue – Christiane Guillermin : past présidente et secrétariat – Diana Van der Steen- Foliard : protocole – Yvonnick du Peloux : recrutement .

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JEU LITTERAIRE

Le confinement empêche les gros rassemblements mais pas les initiatives permettant de maintenir du lien social, partager des projets et faire fonctionner l’imagination de chacun.

Le Rotary club Baugé Anjou a imaginé un jeu littéraire pour se divertir durant ce mois d’août et la rentrée de septembre.

Une liste de participants a été constituée (mais peut encore s’agrandir, contactez nous au 06 36 13 38 72 ou bien par mail : rotary.baugeanjou@gmail.com) pour imaginer une histoire à plusieurs mains.

Entrez dans l’histoire …

Ce matin-là, la chouette ne hulula pas la nuit. Depuis le début de l’été, Hannah regardait à sa fenêtre, comptant les jours et les heures de son enfermement. L’heure d’ouvrir en grand ses portes était arrivée. Les joues en feu, elle repoussa derrière son oreille une longue mèche rousse et s’élança. Ses pieds épousaient les creux, s’accrochaient aux cailloux qui affleuraient le chemin de terre. La chaleur rendait tout immobile, le sol semblait cacher un magma prêt à bouillir et jaillir. Elle avançait avec la volonté d’une bête de somme, sans s’occuper des branches qui fouettaient son visage, sans regarder le ciel libre de nuages. Elle avalait les allées en laissant les mots valser dans sa tête.
La forêt lui ouvrait ses bras.

Il y avait eu des jours sans soleil à observer la poussière s’abîmer dans les coins, sans amis, sans sorties, sans sourires. Juste le nécessaire, ou ce qui semblait l’être. Et parfois quelques parties de billards solitaires au petit matin. Pas de moments pour se reposer. Trop de silence. Dans le vide des lendemains sans joie, les envies s’étaient évanouies.

Alors, dès la tombée des masques et des fièvres mesquines, elle s’était souvenue de la beauté des pierres au fond de l’Altrée, de la douleur humaine et de l’empathie, de la rosée sur la pelouse foulée . Ce matin-là, elle s’élança vers la chênaie, les yeux collés au sol, avec un seul but en tête, un être à retrouver…

Ce souvenir avait traversé son esprit tel un éclair, qui avait disparu aussi rapidement qu’il était apparu. Les jours avaient passé et le souvenir de Peter était réapparu, lentement, progressivement tel l’eau qui sourd des rochers.

Cette pensée s’était instillée dans son esprit pour devenir une compagne régulière, puis se transformer en une véritable préoccupation de tous les instants. Elle avait pensé que pendant cette période d’enfermement, ces souvenirs se seraient estompés.En fait, il n’en avait été tout autrement, ces souvenirs étaient devenus une obsession.

C’est la raison pour laquelle, dès qu’elle l’avait pu, elle était partie et avait bondit vers la chênaie. Mais, en fait, alors qu’elle marchait maintenant d’un bon pas, elle s’interrogeait : que voulait-elle réellement, que recherchait-elle ?

C’est alors qu’elle était perdue dans sa réflexion, soudain son regard fût attiré par une petite masse marron, jaune, gris, un peu luisante, à quelques mètres, sans pouvoir distinguer à quoi elle pouvait ressembler.
Le chemin traversant de la chênaie qu’elle empruntait, restait ombragé et frais, des branches s’enlaçaient au-dessus de sa tête formant voûte parsemée de jours laissant filtrer quelques chauds rayons de soleil adoucis par le bruissement des feuillages. Le sol, marqué par les roues de quelque engin forestier, restait souple sous ses sandales : un falun légèrement caillouteux et sablonneux recouvert de feuilles séchées et en décomposition, craquant sous ses pas, mélangées aux parties herbeuses ayant conservé un peu de l’humidité de la rosée matinale.

Fixant son leurre, ralentissant sa marche, elle huma, avec délice, l’air de la forêt. Elle remplit ses poumons – à fortes inspirations- de cet air pur aux senteurs si particulières des végétaux vivants et en décomposition.
« Un bolet, à cette époque de l’année ? Une limace lovée ? ».
Mais : non. Un peu déçue, elle découvrit seulement une petite pierre mouchetée de couleurs, scintillante, bien ronde et bien polie. Elle se pencha et ramassa cette jolie « petite pierre » … à mesure qu’elle la tournait et retournait dans ses mains, comme une illumination elle crut pouvoir lire des lettres formées par les étoiles incrustées dans la pierre. Une figure arrondie avec un pied, défricha-t-elle. Puis elle crut reconnaître une sorte de coquillage voire une coque d’escargot coupée en deux. Ce même dessin était séparé par deux traits barrés par le milieu …La dernière forme représentait deux petites lignes à l’équerre.
« Ce n’est pas possible … Je rêve… ».
Troublée et vacillante elle alla s’asseoir sur un tronc non loin de sa découverte, la petite pierre dans la poche de son jean. Les deux mains jointes sur son visage, les yeux fermés, elle se remémora sa découverte, chercha une explication … Réveillée ou sortie de ses rêveries, elle se leva lourdement, sentant la petite pierre dans sa poche.

Elle poursuivit, radieuse, son chemin en admirant les grands chênes. Tout en marchant elle sortit la petite pierre et constata, dépitée, qu’elle ne scintillait plus.
« Une pierre quelconque, comme…

Hannah se sentait revivre sans se douter qu’à 7000 km de là quelqu’un pensait à elle… et se perdait, en pensée, dans la forêt baugeoise.  Pendant qu’elle mettait ses pieds dans « leurs »  pas à l’ombre des chênes, lui, reprenait son travail dans la 42ème str. près de Central Station.  Il venait d’arpenter d’un bon pas Fifth Avenue depuis Greenwich Village et sa forêt à lui, c’était les gratte-ciels qu’il aimait tout autant qu’Hannah était passionnée par ses arbres.  Il avait vécu à leur ombre depuis sa plus tendre enfance et, même s’il avait été attiré par cette légendaire douceur angevine, dont Hannah lui avait vanté les charmes quelques mois avant le confinement, la région n’avait pas réussi à le séduire tout à fait.  Il avait besoin de cette vie trépidante, de ce va et vient incessant de tout, de cette surdimension permanente et surtout de ces buildings.  Ces immeubles géants, tous différents , auxquels enfant il donnait des petits noms. Il se promit de retrouver ces surnoms dans son carnet secret …  Pendant longtemps son préféré avait été le « flatiron » (fer à repasser).  Peut-être parce qu’il était moins haut mais surtout pour ses rondeurs d’angles qui tranchaient avec toutes ces verticales tirées au cordeau. Oh, il était bien petit (87 m) à côté de l’Empire State, son voisin imposant avec ses 381 mètres…  qui avait fait le fiérot pendant longtemps … jusqu’à l’arrivée des Twin Towers aujourd’hui disparues.
Au moment où il allait tourner dans la 42 ème, son regard se porta droit au loin, .. Il eut un flash …le MOMA ! Ce musée qu’il aimait plus que tous les autres musées du monde, qui venait d’être relooké par son amie Célia et où il s’était juré d’amener Hannah malgré son manque de connaissance de la peinture et son aversion pour …  l’Amérique …
Il s’était donné ce challenge pour les mois à venir car, même si Hannah ne s’en doutait pas et alors qu’il sentait l’ombre de Peter planer au-dessus d’elle, il ne pensait qu’à ELLE.  Il en était éperdument amoureux.  Elle n’avait rien vu, rien senti, rien compris.  Il demeurait son vieil ami d’adolescence qu’elle retrouvait chaque année pendant les vacances sur l’île de Corfou et à qui elle confiait tout.
Alors, avec ces histoires de coronavirus (qu’il avait surnommé connardvirus)  qui n’en finissaient  pas …, il allait bien falloir que lui, John, oui « JohnJohn » comme elle disait,   trouve une solution s’il ne voulait pas passer à côté d’Hannah, à côté de SA vie.  Enfin la vie telle qu’il la rêvait ce matin-là.  

John , c’était lui qui avait présenté Peter , un archéologue allemand , à Hannah et aux autres à Corfou , il y a déjà six ans . Cette année là, ils étaient restés tout l’été à Paléokastritsa , au pied du monastère , sans éprouver l’envie d’aller faire la fête dans les boîtes de Corfou City . Gavés de soleil , repus de souvlaki et de moussaka , ils  écoutaient tous les soirs les histoires de Peter, installés sur la terrasse blanche de la villa blanche. John était très fier de son cocktail Tini : ouzo , jus d’orange , pamplemousse et menthe fraîche , qu’il servait dans de grands verres ballons avec de l’eau pétillante et une avalanche de glaçons . A partir de 19 heures et jusqu’au milieu de la nuit , Peter racontait ses fouilles à Cnossos et Ephèse , les émotions des chercheurs faisant parler les vieilles pierres .
Un soir il avait montré à Hannah une pierre gravée de quelques traits , en expliquant qu’il s’agissait probablement d’un bout de texte en mycénien , la plus ancienne forme de grec . Et maintenant , dans sa forêt angevine , Hannah croyait reconnaître sur ce caillou ramassé au pied du chêne , les caractères millénaires : le coquillage , les deux traits obliques parallèles …Retrouver Peter était soudain devenu une urgence absolue , lui saurait lui expliquer le sens de ce mystère . Elle courut à la maison et décida d’appeler John à New York pour lui demander sur quel chantier travaillait Peter ; il était là-bas six heures du matin mais elle savait qu’il aimait travailler de bonne heure . Il répondit à la deuxième sonnerie , émerveillé comme toujours d’entendre la voix d’Hannah . Quand elle lui décrivit avec excitation les signes étranges sur le caillou , John pensa à une sculpture de Brancusi au MoMA : tête d’un enfant endormi et songea une fois de plus au bonheur de lui montrer le musée , bientôt peut être . Mais quand elle lui demanda le numéro de téléphone de Peter une douleur vive lui vrilla les côtes : d’un seul coup il comprit , ou plutôt il sentit qu’elle ne viendrait jamais à New York avec lui . Il sentit qu’elle voulait prendre le premier vol déconfiné pour Athènes. Il détesta qu’elle l’appelle JohnJohn avant de raccrocher…. 

Commentaire sur la miniature de notre page de garde

Miniature du 15ème siècle folio 21 verso tirée du manuscrit Cœur d’Amour Épris du Bon Roi René, Cette miniature reconstitue l’épisode du sauvetage du Cœur par Espérance.
Le peintre situe cette scène en aval de la passerelle.
Au premier plan Dame Espérance, vêtue d’une robe bleue , la tête couronnée arrache du courant tumultueux le malheureux Cœur qu’elle a saisi par son gantelet.
Sa lance flotte au travers du Fleuve de Larmes, tandis que celle de Souci, toute noire, brisée en deux, est emportée par les remous.